Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /Déc /2008 18:18
Expérimentation africaine au coeur du Botswana :
Qui de l'autruche, de l'homme ou de la voiture va le plus vite?
A vous de juger...

Par mielamundi - Publié dans : Botswana
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Jeudi 11 décembre 2008 4 11 /12 /Déc /2008 10:00

LES ELECTIONS :

Le Mozambique est en ce moment tout entier tourné vers les élections municipales, prévues à la fin du mois. La propagande est une affaire qui marche, on ne compte plus les T-shirts, les pagnes, les affiches et les drapeaux distribués et placardés dans les rues. Le match se joue entre FRELIMO et RENAMO. En grossissant un peu (mais à peine !) le trait : entre le parti qui a conduit le pays à la banqueroute après l’indépendance en voulant appliquer une politique sociale radicale (FRELIMO) et le parti révolutionnaire qui a détruit routes, écoles, ponts, hôpitaux etc… et plongé le pays dans 17 ans de guerre civile (RENAMO). Pierre Palmade aurait pu dire : « tu préfères avoir … des jambes en mousse ou la grippe toute ta vie » ? J

Quoiqu’il en soit, chaque parti semble avoir son lot de supporters. Il faut dire que FRELIMO offre le plein d’essence à tous les automobilistes et motocyclistes qui veulent bien accrocher un drapeau à leur véhicule ou leur deux-roues, et les fêtes sponsorisées battent leur plein partout. Musique africaine à fond (chaque parti a créé sa chanson, interprétée par des artistes à la mode), les femmes chantent et dansent dans leur pagne politisé. Comment tu dis ? de l’achat de vote ????....

Dans la bataille de bruit et de couleurs, le FRELIMO semble avoir une longueur d’avance…  Peut-être parce que c’est le parti au pouvoir… et qu’il lui est plus facile de piquer dans la caisse pour financer la campagne !

LES FLICS :

Le flic dressé au milieu de la route dans sa belle chemise blanche est toujours un stress pour les conducteurs « touristes donc pigeons » que nous sommes. La règle d’or : sourire, lui adresser les formules de politesse en langage local et avoir toujours sous la main un chewing-gum, une clope ou une canette à lui proposer. Quelques fois, la flemme est plus forte que l’appât du gain…. Pfiou… faire le tour du véhicule ? Demander les papiers ? Trop fatigant…. Allez passez….

Mais parfois on peut tomber sur un flic qui prend des vitamines…

Cette fois là, il nous a fait garer sur le côté. Et il a décidé de se donner toutes les chances de nous racketter en testant tout ce qu’il pouvait tester : clignotant droit, gauche, warnings, feux de recul, phares, feux de stop… Mauvaise pioche. Silverback est en grande forme, tout fonctionne, rien à verbaliser cette fois ci. Mais le plus drôle c’était son zèle à ne rien laisser passer, alors qu’à 2 mètres devant nous venait de se garer un bus public bondé, sans pare-brise ni à l’avant ni à l’arrière, les feux et les phares défoncés, et les clignotants suspendus à un fil le long de la carrosserie… J

LES GENS :

Au Mozambique le contact humain a quelque chose de particulier. Avant de te dire bonjour, on te demande de l’argent. Petits, grands, jeunes ou vieux, on a toujours droit à « donne moi  100 balles !». Tu as besoin d’aide ? On te la monnaye. Tu achètes un service ? On te fait comprendre qu’en plus du prix convenu, une gratification serait la bienvenue.  Pendant cette excursion en bateau dans l’Archipel de Bazaruto par exemple, les « skippeurs » avaient peint le mot ‘TIPS’ (pourboire) en énorme sur toutes les surfaces planes du bateau… J

Seules les femmes ne demandent jamais rien. Elles n’ont pas le temps, elles bossent elles !

Heureusement, l’atmosphère est plutôt bon enfant et quand on essaie de leur expliquer dans notre portugais approximatif que l’argent ne tombe pas du ciel et qu’il faut se donner un peu de peine pour en gagner, ça les fait rigoler… Ils serrent la main du « patrao » (le patron, Greg) et nous souhaitent bon voyage.

Mais qui ne gagne rien au grattage tente sa chance au tirage ! Le vol semble être un sport national… De la base au plus haut de la pyramide, corruption, larcins, escroqueries se pratiquent en toute impunité. L’administrateur de la ville exproprie ses concitoyens pour s’octroyer gratuitement les meilleurs terrains, le percepteur retient le salaire des fonctionnaires de la région pendant 6 mois pour faire du business de voitures avec Dubaï, les infirmières volent les médicaments à l’hôpital et rackettent les malades pour leur délivrer leur traitement, alors pourquoi le pêcheur n’irait pas subtiliser quelques tuiles sur le toit du voisin pour arranger le sien ? Lundi je suis volé, mardi je serai voleur ! Et quand on trouve un touriste, c’est bien meilleur ! Il y a la postière qui empoche l’argent des timbres mais oublie de les coller, le pompiste dont la calculatrice se trompe avantageusement (mais on est trop entraînés en calcul mental pour que ça marche !), et l’employé de camping qui fait les frigos de la cuisine pour y récupérer la bouffe des campeurs (une pensée émue pour nos 2kg de gambas toutes fraîches, volatilisées)… Le Mozambique, c’est un peu le Brésil de l’Afrique !

LES FANTASMES DU VOYAGEUR A L’EPREUVE DE LA REALITE :

Le voyage commence toujours dans le canapé de la maison, un beau livre de photos ou un guide de voyage dans les mains. Les éditeurs, les émissions de télé savent bien nous faire rêver… On imagine, on se projette, on se construit un monde. C’est comme ça qu’on s’est forgé une image du Mozambique : un diamant brut à découvrir avant son essor touristique inévitable, plages de rêve, côte paradisiaque, peuple authentique. Et voilà. Nous y sommes ! Plus de 15 jours que nous parcourons les routes du Mozambique. Des rives du lac Niassa au nord-ouest, à l’archipel des Quirimbas au nord-est, puis tout le long de la côte, du nord au sud. Bilan : on a attendu 15 jours avant de trouver l’eau courante (et donc une douche), et 18 jours avant d’avoir de l’eau chaude. Dans les 2/3 nord du pays, il n’existe presque aucune infrastructure pour les touristes. Ce qui pourrait faire de cette expérience un défi stimulant comme on les aime, pour découvrir des trésors peu fréquentés. Mais le pays est immense et difficile à parcourir en autonome, et les zones « d’intérêt » encore très peu mises en valeur. Une île Patrimoine Mondial de l’Humanité en ruine, des plages-poubelle… le voyageur indépendant reste sur sa faim… tant d’efforts (en voiture ou en transport en commun) pour échouer sur une plage où tout le monde défèque matin et soir ? Et pour se faire harceler à chaque arrêt par ceux qui demandent du fric, des bonbons, etc… ? On est bien loin du paradis vanté sur papier glacé ! Non… pour quelques années encore le Mozambique des magazines semble réservé à ceux qui ont une plus grosse enveloppe et circulent de lodge de luxe en lodge de luxe, en avion. Archipels privés, plages de sable blanc et eaux turquoises, on passe au dessus de la misère, des vols, des plages-poubelle et des campings où on t’amène un bidon d’eau saumâtre pour la douche. Le Mozambique que vendent les voyagistes est celui des lunes de miel, pas du voyageur indépendant.

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Une consigne affichée mais bien peu suivie...
Par mielamundi - Publié dans : Mozambique
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Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /Déc /2008 14:53
Le lendemain, une corvée difficile nous attend : faire réparer les roues. Nous sommes dimanche. Et au Mozambique plus qu’ailleurs, les locaux ne sont pas du genre à trop en faire. Nous avons tellement de roues à plat qu’il ne nous est plus possible de nous déplacer en voiture. Nous voilà donc à pied à travers la ville, à faire rouler notre pneu devant nous. Un garage, deux garages, les gens se refilent le bébé, se débarrassent de nous. Mieux vaut perdre une occasion de se faire de l’argent que de suer un peu… C’est difficile, fatiguant. Nous échouons finalement dans l’atelier d’un petit gars indo-arabisant, qui lui s’empresse de nous réparer et d’empocher la monnaie. L’Afrique est en train de se faire bouffer ! Les émigrés « qui n’en veulent » drainent les affaires et l’argent, pendant que les locaux attendent à l’ombre…
Allez ! C’est parti pour la grande traversée de la partie la plus reculée du Mozambique : d’ouest en est, des rives du lac Malawi à la côte du canal du Mozambique.

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Paysages de la traversée du nord du Mozambique

La 1ère journée de route est facile. Après les galères du matin pour réparer les roues, nous accueillons avec soulagement les 300km de bitume tout neuf qui mènent à Marupa. Les subventions suédoises ont du bon, on se croirait presque en Europe ! 
A Marupa, pas de camping, juste une petite pension locale où nous sollicitons l’autorisation de déplier la tente, dans l’arrière terrain. Ici encore, en fin de saison sèche, pas d’eau courante. Mais un seau d’eau nous permet de nous décrasser. Le lendemain les choses se gâtent… la Suède n’a pas subventionné la région d’à côté, et la belle route s’arrête brutalement. La piste qui la remplace est désastreuse. 200km en 7 heures… Mais l’expérience est « wild ». Nous croisons 3 voitures en 2 jours, et de nombreux villages de huttes. Nos arrêts sont le prétexte à une grande distraction. Les enfants et les parents aussitôt s’agglutinent à 1 mètre de la voiture. Tous commentent nos faits et gestes dans leur dialecte.

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Rencontres autour de nos pneus dégonflés

Sourires, essais de conversation. Le compresseur les scotche (bah oui, on a encore 3 pneus sur 4 qui se dégonflent doucement, et nous sommes obligés de faire un arrêt gonflage tous les 50km). Quand vient le moment de la photo, c’est l’hilarité générale. Ils se découvrent (certainement pour la première fois) sur l’écran et exultent. Nous avons alors l’idée de les filmer pendant qu’ils éclatent de rire à la vue des photos que Greg prend d’eux avec le réflexe. La découverte des vidéos provoque l’hystérie, c’est trop drôle ! Leur gaîté est communicative, nous passons de bons moments.
Le goudron retrouvé à une centaine de km de la côte, nous nous arrêtons pour une dernière pause gonflage. Aussitôt, comme ailleurs, nous sommes entourés d’observateurs… Une jeune femme s’enhardit et nous demande de la déposer à 10km de là. Malgré les pneus faiblards, nous acceptons de la dépanner et empilons les sacs pour faire une place à l’arrière. Mais au moment de repartir la jeune femme attache un bébé dans son dos, fourre sa mère dans le 4x4 et me colle un deuxième gosse sur les genoux à l’avant avant de s’installer à son tour… :-) 4 pour le prix d’une, c’est l’Afrique ! Ca rigole à l’arrière, être dans une voiture de touristes c’est la fête !

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Auto-stoppeurs africains

Nous arrivons à Pemba, la ville côtière, à la nuit, après 20h de route harassante. Le camping propose le dîner, ça tombe bien, nous n’avons pas la force de sortir toutes les caisses pour faire à manger ! La voiture est pleine de poussière rouge, une couche épaisse et collante qui s’est insinuée partout. Faut dire qu’on a été obligés de rouler les fenêtres ouvertes, pour économiser l’essence (la clim pompe sur le réservoir…) et être sûrs d’arriver à bon port avant la panne sèche.
Le lendemain à Pemba, matinée administrative : trouver un internet potable, faire quelques courses et réparer… les 7 crevaisons reparties sur 4 pneus (j’vous disais qu’on perdait de l’air !). Bon finalement on n’a pas piqué de crise de nerf à cause du débit internet, qui pour une fois était honnête, mais à cause du site de Qatar Airways en panne le jour où on veut (et peut !) réserver nos billets retour ! Bref ce n’est que sur le coup des 15h que nous pouvons repartir, vers le nord, sur une piste qui rejoint en 3h la plage de départ des bateaux de pêcheurs vers l’archipel des Quirimbas. Nous arrivons à la nuit tombée sur le bout de plage indentifiable à son imposant baobab. Nous garons Silverback dans l’enclos en bambou qui sert de « parking » aux véhicules des gens en transit sur les îles de l’Archipel (le gouverneur de l’île, les ONG et les véhicules logistiques des lodges de luxe du coin). Pas de WC, pas de seau d’eau ce soir. Des pâtes, on déplie la tente et au lit ! Le gardien nous a promis un plan bateau pour le lendemain matin à 5h.
Bien « obéissants » nous sommes fin prêts le lendemain à 5h. Le petit gars revient avec le « capitao » (capitaine) de la dhow (barque à voile) qui doit nous emmener sur l’île d’Ibo. Le capitao en question nous propose le prix exorbitant de 1500 meticais (50€) alors que nous savons que le prix normal du transfert n’excède pas 2€ par personne…. Allez mon gars, rentre chez toi, on n’est quand même pas si débutants que ça ! Mais nous sommes un peu en colère contre le gardien, qui comptait certainement se faire une bonne commission sur cette tentative d’arnaque. Il a bien planifié son coup en nous faisant lever à 5h, espérant nous voir partir avant l’arrivée de la barque collective à moteur de 7h30 (prix du passage : 40 meticais – soit 1,30€ par personne). Bienvenue au Mozambique ! Après une heure de navigation, le bateau nous débarque à Ibo. Nous débarque… comme on a embarqué ! Le pantalon remonté jusqu’en haut des cuisses, et le sac sur la tête !
Ibo n’est pas l’île à plages paradisiaques qu’on attendait. L’île était déjà un comptoir de commerce musulman important quand les portugais sont arrivés au 15ème siècle ; au 18ème siècle, elle est devenue un poste majeur du commerce d’esclaves et la 2ème ville du Mozambique. Aujourd’hui, les allées poussiéreuses de l’ancienne ville coloniale dégagent une atmosphère fascinante, un peu irréelle. Allées tirées au cordeau bordées de villas coloniales décrépies, splendeurs en ruine, crématorium hindou, cimetière chinois sont autant de témoignages des différentes influences qu’a subi ce petit morceau de terre au cours des siècles. Nous nous laissons prendre au charme de cette étape peu fréquentée. Quelques demeures seulement sont magnifiquement restaurées, en hôtels de luxe ou de charme, toutes par des européens. Les locaux n’ont malheureusement pas les moyens de faire de même, et le gouvernement pas l’ambition.

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Le charme surrané d'Ibo

Les plages et les mangroves sont sauvages et abritent un nombre incroyable d’oiseaux ! C’est l’occasion pour nous de faire une pause. Grandes siestes pour éviter les grosses chaleurs, promenades, vie du village, identification d’oiseaux, discussions avec quelques expats européens (certains désabusés après 15 ans de vie au Mozambique, d’autres encore plein d’espoirs car fraîchement débarqués :-). Leur point de vue nous permet de mieux saisir les mentalités, la culture et les paradoxes de ce pays. C’est d’ailleurs intéressant pour nous de constater qu’en 1 ou 2 semaines de baroude, nous avons été capables de saisir et pressentir l’essentiel … (cf prochain article CHRONIQUES DU MOZAMIQUE).

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Plages, mangroves et barques de pêcheurs

Ibo est le point le plus au nord-est, donc le plus éloigné de Cape Town, de notre itinéraire. Il devient temps d’entamer la longue descente qui nous ramènera à notre point de départ. Après un court passage à Pemba, nous prenons donc la route du sud, vers le site d’Ilha de Mozambique. Classée patrimoine mondial par l’Unesco, l’île n’en est pas moins décevante. Comme à Ibo, le patrimoine colonial est dans un état déplorable. Pas une velléité de restauration. Et les plages de l’île n’offrent guère de compensation. Comme partout ailleurs, elles font office de latrines, des locaux accroupis occupés à se délester, un peu partout. Les étrons ne constituent malheureusement pas la seule pollution… Le sable est couvert de déchets, de plastiques, bref, un environnement qui vous passe l’envie de vous baigner !

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Ilha de Mozambique

Déçus, nous ne nous y attardons pas. Un jour de visite suffit, nous décidons de repartir le lendemain. 
Nous avons calculé qu’il nous faut 3 jours de route pour rejoindre le prochain « point d’intérêt ». De longues portions de goudron sont détruites par la succession de saisons des pluies qu’elles ont subies. Les nids de poules sont larges et profonds et il est quasiment impossible de les éviter. Une bonne partie de conduite ! Silverback souffre, couine, et nous aussi ! Nous arrivons crevés et à la nuit dans la petite ville de Mocuba. Nous parcourons les rues à la recherche d’une petite pousada. L’unique adresse du coin est un peu glauque, mais c’est la seule option. Nous attendons l’arrivée du patron pour demander l’autorisation de déplier la tente sur le parking, derrière le bâtiment. Des expats portugais (qui refont les routes, quelle bonne idée !) attablés là une bière à la main, ont entendu notre requête. Ils viennent gentiment nous voir pour nous déconseiller de dormir ici. La ville n’est pas sûre, les blancs se font régulièrement attaquer. Deux ou trois coups de fil après, l’affaire est arrangée. Nous pouvons aller nous garer dans le jardin d’un de leurs amis en déplacement à la capitale. La propriété est gardée par deux vigiles, nous serons en sécurité. Il est plus de 21h quand nous nous posons enfin… lessivés. Pas d’eau, pas de douche mais un coin tranquille et sûr, c’est déjà ça !
Le lendemain ressemble en tout point à la journée précédente… des km avalés, grignotage au volant pour le repas du midi, et à nouveau des km jusqu’au soir. L’étape nous porte à la lisière du parc national Gorongosa. Mais l’entrée et le campement du parc ne sont pas sur notre route, et nous imposeraient un grand détour. Il faut donc trouver une autre solution pour la nuit. Mais les infrastructures touristiques sont inexistantes dans le coin. Nous optons donc pour le camping sauvage, dans un village de campagne. Le paysage, montagnes de terre rouge et forêts à perte de vue est magnifique. L’autorisation est demandée à l’adjoint du chef de village. Nous sommes les bienvenus. Nous nous installons à quelque distance des huttes, mais ne pouvons éviter l’attroupement qui dès le moteur coupé, se forme autour de Silverback. Tous les hommes du village sont là. Les femmes n’ont pas de temps à perdre et vaquent encore au champ. Les spectateurs sont assidus. Chacun de nos faits et gestes est surveillé, commenté. Nos tentatives d’échange tournent court, notre vocabulaire n’étant pas assez riche. Notre situation est délicate… difficile d’ouvrir le frigo, et de se faire à manger devant un parterre de badauds qui n’auront jamais dans leur vie autant d’affaires que nous en avons à l’intérieur de la voiture… Un carré d’irréductibles est encore là quand nous nous couchons, la nuit tombée depuis longtemps. Et… déjà là à notre réveil ! Le vent a soufflé fort toute la nuit, et fait claquer les pans de la tente à grand bruit. Sale nuit !
Greg est patraque, un peu fiévreux. Il m’abandonne le volant bien vite pour faire un petit somme sur le siège passager. A mon tour, j’avale des km, et des km. Il est 17h quand enfin nous arrivons à Vilanculos. Les Sud-Africains ont l’habitude de pousser jusque là pendant leurs vacances au Mozambique. Les facilités y sont donc considérablement plus développées que dans la partie nord du pays, et nous établissons le camp dans un camping avec douche, et eau chaude ! 1ère fois depuis 3 semaines, et surtout première opportunité de nous laver depuis 3 jours ! Mais les réjouissances sont de courte durée. Greg sort de la douche grelottant. Le thermomètre annonce le verdict : fièvre à 40°C. En Afrique, les fortes fièvres ne sont jamais de bonnes nouvelles. Nous décidons de parer au pire : il attaque le traitement curatif anti-palu avant de se réfugier dans la tente. La soirée est longue pour moi… Coups de fil à l’ambassade, à l’assurance rapatriement. Il faut se préparer à toutes les éventualités. Nous sommes encore à 4 jours de route de la capitale Maputo, seul centre de santé à peu près potable du pays. Je me vois déjà mettre Greg dans un avion et ramener Silverback seule à Cape Town… Super perspective…
La nuit passe tant bien que mal, je surveille de temps en temps que l’état de Greg n’empire pas. Le lendemain matin, la fièvre a un peu baissé. Un des employés du camping nous accompagne à l’hôpital rural. C’est notre première expérience d’hôpital de brousse. Nous avons emporté nos seringues et nos aiguilles, au cas où. Des dizaines et des dizaines de mozambicains attendent leur tour, à l’ombre des grands arbres de la cour ou devant les différentes salles de l’hôpital. Il faut d’abord passer par la consultation. Une jeune femme médecin nous reçoit dans un coin de salle. Elle est assise derrière un bureau en fer et Greg sur une chaise d’écolier. Pas d’examen clinique, pas de questions, pas d’explications. Nous repartons avec un bout de papier kraft gribouillé, vers la salle des analyses. Heureusement, quoique très simple, l’hôpital est propre. Et le matériel utilisé (aiguilles, tubes etc…) est neuf et stérile. Après la prise de sang, nous nous installons sur les bancs à l’extérieur pour attendre les résultats, en compagnie des autres malades. Une coupure de courant retarde l’analyse des échantillons. Il faut attendre… Une heure et quart plus tard, on nous rend notre papier kraft, agrafé à un ticket blanc retraçant la numération globulaire de Greg. Nous devons repasser par la case consultation pour la lecture des chiffres. Gros soulagement : ce n’est pas le palu ! Le médecin prescrit donc des antibiotiques et du paracétamol, pour soigner une grosse angine ! Le reste de la journée passe tranquillement, la consigne est au repos !
Vilanculos n’offre toujours pas les belles plages qu’on attendait. Le paradis vanté par les voyagistes est à quelques encablures de là, sur l’Archipel de Bazaruto. Mais voilà ! Les îles de l’Archipel sont « trustées » par des lodges de luxe, et on n’y trouve aucune facilité pour les voyageurs à petit budget (camping ou guest house). Il est donc impossible d’y séjourner à moins de 300$/nuit/personne… Pour profiter des eaux turquoises et du sable blanc, nous n’avons plus qu’une solution : faire des excursions en bateau, à la journée. Mais là aussi, le Mozambique des cartes postales a un prix : les excursions à la journée sont facturées entre 50 et 100 US$ par personne, en fonction des îles visitées. Voilà qui va réduire la durée de notre séjour dans le coin ! Nous partons le lendemain, pour une journée dans les îles. 4 heures de navigation voile+moteur, snorkelling (plongée avec masque, palmes et tuba) sur la barrière de corail « 2 miles reef », et déjeuner de crabes et de poisson grillé dans les hautes dunes de sable du sud de l’île de Bazaruto.

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Excursion dans l'archipel de Bazaruto

C’est beau, c’est agréable, enfin le Mozambique qu’on s’imaginait ! Mais c’est de courte durée… Greg ayant retrouvé la forme, nous décidons de pousser un peu plus au sud sur la côte.
Une courte journée de route nous mène à Tofo. La plage est immense, propre ! et sauvage. Nous choisissons le camping le plus éloigné pour nous poser. Pour la première fois depuis notre arrivée sur l’Océan Indien, l’endroit se prête au farniente.

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La longue et belle plage de Tofo

Ca fait du bien ! Nous achetons des gambas et des langoustes vivantes aux petits pêcheurs du coin, à des prix défiant toute concurrence.

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Farniente et bonne bouffe... enfin les vacances au Mozambique!

C’est la fête… Mais ni l’un ni l’autre ne sommes aficionados de la plage au point d’y lézarder pendant des heures, et des jours. Le bush, la savane, l’Afrique du début du voyage nous manquent. Le compte à rebours a commencé… Nous ne sommes plus si loin que ça du retour, il nous faut faire des choix. Sans grand regret, nous décidons de sacrifier le reste de la côte Mozambicaine au profit d’un passage de 4 ou 5 jours au Parc Kruger, en Afrique du Sud. On préfère repartir moins bronzés mais avec encore de belles images de vie animale dans les mirettes. De Tofo, nous irons donc vers le parc du Limpopo, transfrontalier du parc Kruger. Un nouveau poste frontière vient de s’ouvrir, qui nous permettra de pénétrer dans le Kruger dans sa moitié nord.
Par mielamundi - Publié dans : Mozambique
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Jeudi 4 décembre 2008 4 04 /12 /Déc /2008 08:57
Aie, déjà 3 semaines depuis le dernier article... Va falloir bosser dur pour rattraper ce retard!
Et bien on va s'y mettre, c'est promis! Le temps de taper les textes et de télécharger les photos, on compte bien publier très bientôt : nord du Mozambique, longue descente vers le sud, étape au Kruger et retour à Cape Town... Y en a des choses à raconter!

 
Par mielamundi - Publié dans : Mozambique
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Mardi 11 novembre 2008 2 11 /11 /Nov /2008 11:24

Bien reposes, nous abandonnons le lac Malawi , pour y retourner cote Mozambique. Mais avant de continuer plus avant sur les routes, il nous faut coute que coute reparer cette roue degonflee. Pas de ville avant des km. Nous nous arretons dans un village, chez un petit gars assis devant un mur de vieux pneus. Il n’est pas equipe dernier cri (une mechante trousse a outils cassee, un marteau, un couteau, un peu d’huile et des chiffons sales) mais dit pouvoir faire quelque chose… Il faut demonter le pneu (c'est-à-dire separer le caoutchouc de la gente). Le pauvre s’y attele avec un marteau et une tige en fer en guise de demonte pneu. Il sue, s’y donne a fond mais c’est pas facile… Puis il faut poser une rustine a l’interieur de la bande roulante et enfin remonter le pneu, et le regonfler. Ce qui est loin d’etre evident quand on n’a … qu’une pompe a main ! Bilan : 2h30 mais du bon travail ! Nous pouvons continuer vers la frontiere. Plutot facile. Nous sommes seuls au poste, ca ecourte les demarches. Nous remettons en pratique nos bases de portugais, presque un an apres notre apprentissage bresilien.

Les berges du lac (ici appele Niassa) cote Mozambique sont beaucoup plus sauvages. Nous arrivons a Lichinga en fin de soiree. C’est la ville la plus importante de ce bout du monde : la province de Niassa, au nord ouest du Mozambique. Tellement reculee et sauvage qu’elle n’a recu la premiere visite presidentielle de son histoire qu’en … 2006 ! Autant vous dire que Lichinga ne fait pas rever… Les distributeurs de banque sont a sec, il n’y a pas internet et… pas de camping. Nous echouons a la nuit dans un camping desaffecte un peu glauque. Pas d’eau, pas d’electricite. Un petit gars nous apporte de l’eau chaude dans un bidon pour une douche sommaire dans l’obscurite derriere Silverback. Il est plutot bizarre, insiste beaucoup pour que « nous dormions sur nos deux oreilles » bref… un peu louche. Nous mangeons rapidement et montons nous coucher dans la tente… pour ne dormir que sur une oreille ! Ya beaucoup trop d’allees et venues dans ce coin paume pour que ce soit tout a fait « catholique »… Au milieu de la nuit, nous prenons le parti de  descendre finir la nuit enfermes dans Silverback…

Le lendemain matin, nous partons tot pour affronter la mauvaise piste qui remonte le lac (rive est) jusqu'à Cobue, juste avant la Tanzanie. Les paysages sont magnifiques et la route rude. Il faut franchir d’epineux passages rocheux, negocier la trajectoire dans du gravier profond, descendre, remonter, traverser de nombreux ponts de rondins instables. Les pneus en prennent plein la tete et l’arriere de la voiture tape sur le sol bien trop souvent a notre gout, faisant voltiger lourdement tout le chargement a l’interieur. Au bout de 5h30 de bataille, nous atteignons enfin Cobue. Qui n’est qu’un petit village de huttes assemblees le long d’une plage, sur le lac.  Nous devons nous rendre sur l’ile de Licoma, a quelques encablures a voile de la. Mais Greg a autre chose en tete ! Il a reserve une nuit dans un eco lodge de luxe, pour mon anniversaire (je me disait bien que les muffins pouvaient cacher quelque chose de plus gros ! J Le Miss Nkwitchi, le bateau a moteur du lodge, nous attend sur l’eau. Nous garons SB sous la surveillance du bar de la plage, attrapons nos sacs, quelques provisions (il est 15h et nous n’avons pas encore pris le temps de manger) et sautons a bord. Le lodge est a 1h de navigation, accessible uniquement par la mer. Les deux employes qui nous accompagnent n’ont manifestement pas l’habitude de recevoir des clients qui s’inquietent du prix du transfert, se baladent avec des sacs a dos et des fringues un peu fatiguees, et pic-niquent sur leur bateau d’un bout de fromage et de cracottes ! Les backpackers font du tourisme de luxe :-)

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Pas mal le Nkwichi Lodge non? Une pensee pour Brigitte et Philippe... :-)


Nous debarquons sur une longue plage de sable blanc et d’eaux turquoises. On nous conduit a notre bungalow : roc, bois, chaume, toilettes et sdb exterieures. La classe…. Y a plus qu’a profiter !

Snorkelling dans les eaux calmes du matin (le lac est un aquarium d’eau douce), balade dans les hauteurs, farniente., canoe, apero sur la plage au coin d’un grand feu, petit dejeuner dresse face a la mer, le temps passe vite et plutot agreablement…. Ah il est bien bon de se laisser dorloter, de ne pas avoir a faire ni la cuisine ni la vaisselle, et pas meme la lessive ! Et pour achever de nous donner bonne conscience, le lodge est un modele de tourisme durable, parfaitement integre a la fois dans son environnement et dans la communaute locale.

Mais le paradis est de courte duree (en faite de duree proportionnelle a l’etat de nos finances J. Le Miss Nkwitchi nous redepose sur la plage de Cobue, a 18h le lendemain. Nous retrouvons SB… a plat ! Nous installons le camp pour la nuit.

Le bateau de pecheurs qui doit nous emmener jusqu'à Licoma part a 6h le lendemain. L’ile appartient au Malawi, malgre sa situation du cote mozambicain du lac. Il nous faut donc refaire les formalites. Mais sans la voiture, c’est plus facile… Un tampon de sortie dans la cabane qui sert de poste d’immigration et c’est parti ! Femmes colorees, fagots de bois, poules, nous ne sommes pas les seuls a nous rendre a Licoma. 3 rameurs s’escriment pour trainer plus de 20 personnes. Il nous faut pres de 2 heures pour traverser et debarquer sur l’ile. Il est 8h du matin et le soleil est deja insoutenable. Les sacs au dos, il nous faut parcourir a pied les 2km qui nous separent du village principal pour aller au poste d’immigration et valider notre entree au Malawi. Nous sommes en nage, a la limite de la surchauffe. La seule auberge du coin est de l’autre cote de l’ile, a 2.5 km. Plus la force d’y aller a pied…Renseignements pris, sur les 2 ou 3 voitures de l’ile, 2 font du taxi au noir : l’ambulance et la voiture de l’Unicef ! Pour cette fois ce sera l’ambulance, et a travers des sentiers tellement defonces qu’ils doivent finir d’achever les blesses quand il y en a !

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Vues et scenes de vie sur Licoma Island, et notre petit bout de plage


Nous voila enfin sur la petite plage, isolee et sauvage du Mango Drift. Un bar ombrage, des bougainvilliers en fleurs, 4 ou 5 bungalows de bambou et les eaux turquoises du lac. L’ile est tellement isolee qu’ici la population a conserve un mode de vie traditionnel, et n’est pas encore pervertie par le tourisme. Pas de vol, pas de harcelement et une vraie curiosite amicale.  Pendant nos balades sur l’ile et dans le village, l’accueil est souriant, chaleureux. Nous passons deux bonnes heures a jouer, dessiner et chanter avec les eleves de l’ecole, et de bons moments a jouer au bawo (un peu comme le jeu d’ echecs de l’Afrique) avec les plus grands. Nous saluons les gens dans leur dialecte local, ce qui nous vaut comme toujours un franc succes.

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Jeux de mains, jeux de strategie...


3 jours passent et nous reprenons une barque de pecheurs pour recuperer SB et parcourir les 5h30 de mauvaise piste retour jusqu'à Lichinga. Peu desireux de retenter l’experience dans notre « faux » camping, nous tentons une autre option : negocier de camper sur le parking d’un des deux hotels de la ville. Option pas tres sexy puisqu’on finit toujours un peu pres des poubelles dans ces cas la, mais nous n’avons pas d’autre choix. Au moins pouvons nous demander a avoir un seau d’eau pour la douche ! Une assiette de pates derriere SB et au lit !

Par mielamundi - Publié dans : Mozambique
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Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /Nov /2008 14:46

Repartis à deux dans Silverback, nous prenons la direction du Malawi, le 5eme pays que nous allons traverser. La frontière nous oppose son lot d’attentes (pas facile de taper le permis du véhicule avec 2 doigts et 2 de tension ! J mais pas de difficulté majeure. Les démarches ne sont payables qu’en kwachas du Malawi, que nous n’avons pas encore. Les douaniers nous donnent la solution : le marche noir !... bravo les douaniers !... La route est courte jusqu'à la capitale Lilongwe. Elle semble plus endormie, plus poussiéreuse, plus pauvre et encore plus bordelique que ses consoeurs… Et pourtant nous avons encore notre lot de corvées à y assurer… Pourquoi corvées ? Car tout ici demande une énergie incroyable… Ecrire des mails ou un article :  il faut faire tous les internets cafes (5 ou 6 parfois à l’oppose les un des autres) de la ville pour trouver à la fois une connection qui nous permette d’ouvrir notre boite mail dans une moyenne de moins de 20 minutes, un port USB pour les photos, etc… Joindre nos familles par Skype on a abandonne. Pas possible ici. Retirer de l’argent : il faut degoter la banque dont le distributeur accepte les Mastercard, faire la queue au milieu de 20 personnes qui restent pour regarder combien de billets tu vas sortir de la machine, et recommencer 5 fois car chaque retrait est limite à 100 euros (et comme on paie tout en cash et qu’on ne croise pas de distributeur tous les jours, on retire pas mal à chaque fois).

La, il est déjà midi passe, il fait super chaud, tu sais que tu vas pas manger, t’as besoin d’aller à l’ambassade du Botswana et t’as demande 4 fois ton chemin sans qu’aucun des gars n’ait pu fournir d’explication cohérente. A ce moment la, il est probable que tous les deux très énerves on s’énerve aussi un peu l’un contre l’autre J Avant de retrouver la foi et de repartir en croisade pour une autre paperasserie africaine… Faut dire qu’on n’est pas aides. Les locaux ne sont pas… comment dire… très motives. Une demande un peu inhabituelle, on préfère perdre le business plutôt que se donner un peu de peine, et on s’empresse de refiler la patate chaude à son voisin (sauf que la patate chaude c’est nous !) ! On ne sent pas l’énergie, l’envie d’y aller qu’on a pu observer partout ailleurs dans les pays en voie de développement. Le contraste est grand avec l’Asie et l’Amérique du Sud ou les gens ont la gnaque. Ici la nonchalance est parfois paralysante. Et pénalisante puisque presque tous les business (internet cafés, garages, pièces autos, superettes…) sont détenus par des indiens ou des chinois. C’est une nouvelle forme de colonisation. Non plus politique mais économique, par le bas. Et les nouveaux puissants économiques ne semblent pas traiter les locaux  avec moins de condescendance que ne l’aurait fait un bon colon blanc européen !

Bref, on arrive rarement à faire tout ce qu’on souhaitait faire et comme on souhaitait le faire (d’où le retard dans la mise a jour du blog !) mais ces journées corvées sont indispensables.

Enfin nous quittons Lilongwe pour nous rendre sur le lac Malawi. La route est montagneuse et très belle. Nous croisons de beaux villages de cases en briques rectangulaires. Les femmes sont très colorées, un bébé dans le dos et une charge sur la tête. Le sol est riche et la région agricole. Sur le bord de la route on vend des mangues, des tomates, des pommes de terre. Nous arrivons en fin d’après midi à Cape Mc Clear, un village rural de 15000 habitants au bord du lac Malawi.

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Rencontres d'une promenade, rencontres d'un jeu...

Les touristes sont peu nombreux et ne semblent pas perturber la vie quotidienne locale. La réserve d’eau fraîche du lac est source de vie : ici on mange les poissons du lac, on se lave dans le lac, on y fait la vaisselle, la lessive etc…

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La rive du lac est le siege de toutes les activites du village

Le camping est sur la plage, sous un manguier, on se croirait en bord de mer !

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On n'est pas bien la? :-)

Farniente. Kayak dans la baie, plongée avec masque et tuba, baignades, balades sur la plage et jeux avec les enfants, ravis de nous donner la main pour nous accompagner sur quelques mètres. Seule ombre au tableau : ben une roue a plat ! Va falloir commencer a tenir un compte... :-)
 

Par mielamundi - Publié dans : Malawi
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Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /Nov /2008 14:19

La route goudronnée qui relie Livingstone à Lusaka est en piètre état.  Tous les 10 mètres nous sommes obliges de ralentir ou de slalomer pour éviter de larges et profonds nids de poule. Bilan : 3h pour faire 80 km de goudron ! Il nous faut deux jours pour rejoindre Lusaka. Et puis encore 2 jours dans la capitale, pour venir a bout de toute notre « to do » logistique et administrative : la vidange de Silverback (200 euros, aie aie c’est cher le 4*4 !), un article sur le blog, et des démarches auprès de l’ambassade du Botswana pour prolonger le permis d’export de SB. Ben tout ça dans une capitale africaine c’est du bonheur ! Du sport. De la sueur. De la patience. Des crises de nerf…. :-)

Le pays n’est pas connu pour ses spécialités culinaires… mon anniversaire est donc fete avec quelques muffins et une bougie qui chante, en attendant une plus grosse surprise… Il y a aussi quelques zèbres et une girafe, qui viennent essayer de brouter l’herbe verte du camping avant d’être chasses par le gardien (mais le zèbre doit être un proche cousin de l’âne, parce qu’ils n’ont pas pour autant laisse tomber l’idée qu’ils avaient en tête et sont revenus à la charge plusieurs fois !:-)… Une fois les corvées expédiées et le frigo rempli, nous repartons tous les 4 (Jeff et Mélanie sont toujours avec nous ! ) en direction du parc du South Luangwa. 2 jours de route, et la piste la plus mauvaise qu’on n’ait jamais prise. Une tôle ondulée de malade… les vibrations semblent vouloir avoir la peau de Silverback et la tenue de route est plus qu’aléatoire. La voiture chasse dangereusement. Mais le coin est sympa et nous traversons de nombreux petits villages de huttes rondes au toit de chaume, ou de cases en pise peint. Partout les manguiers sont lourds de fruits. Les élèves en uniforme marchent en direction des écoles, la population est adepte des déplacements en vélo. On est loin de la zone désertique, les paysages sont verts d’arbres printaniers. Mais la déforestation fait des ravages. Certains villages n’ont même pas su préserver l’environnement proche des cases : l’ombre rafraîchissante des arbres laisse place à des terrains desoles, hérisses de souches brûlées. La vie spirituelle semble tenir une place importante dans le quotidien de ces petits villages. Nous ne comptons plus les mosquées, les églises baptistes, les royaumes de Jéhovah et autres lieux de culte parfois plus fantaisistes. Les femmes, de corvée de bois ou d’eau, portent sur leur tête de lourds fagots ou des bidons débordant d’eau. Les hommes sont plutôt du genre à attendre… à l’ombre.

A Mfuwe, aux portes du parc, nous choisissons de nous installer dans un camping au bord de la rivière qui constitue la ‘barrière’ naturelle du parc. La vue et magnifique, les groupes d’éléphants traversent l’eau, les gazelles viennent s’y abreuver et les oiseaux abondent (et hop ! des coches !).  Nous nous autorisons une journée « off », à ne rien faire… Puis 2 journées de safari. La chance est avec nous. Une horde d’une quinzaine de lions a tue un buffle dans la nuit. Nous les surprenons au petit matin, le ventre distendu, manifestement épuises par leur digestion.  Revenus les observer en fin de journée, nous assistons à leurs jeux, de très près.

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Famille de lions du South Luangwa

Nous optons également pour un safari à pied, un peu comme dans le parc de Chitwan au Népal mais cette fois ci, un ranger arme nous accompagne (Oliv’ si tu nous entend…:-)
Nous approchons des buffles, quelques antilopes et un grand groupe d’hippos.

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Un safari à pied cette fois bien protege!

Lors de notre dernière nuit au camping, sur les coups d’une heure du matin, Greg croit entendre le gardien de nuit traîner les pieds près de la tente. Il ouvre les yeux, et me réveille. En fait de gardien c’est un énorme éléphant male, la, à 2 mètres de nous. Il essaie avec sa trompe d’ouvrir le local dans lequel sont enfermées les poubelles (à cause des babouins, qui volent tout). Puis d’ouvrir le robinet d’eau. Il est doux, parfaitement silencieux, mais on devine une force et une détermination auxquelles rien ne résiste. Nous l’observons, émerveilles. Il finit par s’éloigner un peu, slalomant entre les tentes, pour aller se gratter le dos sur l’écorce d’un arbre un peu plus loin. C’est magique !

Avant de prendre la route du retour (la fameuse piste terrible), il nous faut changer une roue, anormalement dégonflée. Mais nous ne sommes pas au bout de nos soucis ! Car au moment de faire le plein … pas de super sans plomb ! Il nous faut repartir avec ce qu’il nous reste dans le réservoir sans savoir si ça tiendra jusqu'à Chipata, la prochaine station. La réserve s’allume  10 minutes après le départ. Aie… c’est mal parti… léger stress… les vibrations, les pertes de contrôle, 2 roues supplémentaires qui se dégonflent et la perspective de la panne sèche… C’est tendu… Nous serrons les dents. Au bout de 4h de route, nous atteignons enfin le goudron. Nous ne sommes plus qu’a 8km de Chipata et croisons les doigts pour arriver jusqu'à la pompe. Les vitres sont grandes ouvertes, car la clim consomme trop.. et la… pshiiiiiiiiit !  Le pneu arrière gauche se dégonfle comme une baudruche !

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Une roue, deux roues... toujours à plat

Nous le remplaçons par le pneu degonfle que nous avions change avant de partir. Regonfle au compresseur, il nous permettra d’atteindre un garage. Les locaux s’arrêtent pour nous aider. Non seulement ils nous prêtent leur cric (souvent meilleur que le notre) mais ils se couchent sous la voiture pour le mettre en place, insistent pour démonter la roue etc…

Finalement, nous atteignons la pompe avant que la voiture ne lâche… Nous prenons un sandwich pendant que les pneus partent en révision. Bilan : 3 roues, 4 crevaisons !

Un bon bbq nous permet de nous remettre de nos émotions le soir venu. C’est notre dernière soirée en Zambie, et avec Jeff et Mélanie.

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La fine equipe...  Miela, Melanie, Jeff et Mundi!
Par mielamundi - Publié dans : Zambie
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Mercredi 22 octobre 2008 3 22 /10 /Oct /2008 14:06

Nous laissons derriere nous le Botswana avec un pincement au coeur... C'est un pays qui rejoint certainement la liste de nos preferes. La route n'est pas longue jusqu'a Kazungula, le point frontiere avec la Zambie, sur le fleuve Zambese. Une interminable queue de camions de marchandises s'etale sur la route, jusqu'a l'embarcadere du ferry. Les chauffeurs sont installes pour la sieste, a l'ombre sous leur vehicule. Passeront-ils avant ce soir? Demain peut-etre? Un des deux ferrys qui relient les berges botswanaise et zambienne est en panne. La rotation est assuree par un unique bateau rescape, donc ralentie. Heureusement pour nous, le ferry ne peut accueillir qu'un seul camion a la fois, complete par 2 ou 3 voitures, selon leur gabarit. Nous avons donc espoir de ne pas trop attendre. Les papiers de sortie du Botswana sont assez vite expedies, nous prenons la queue a l'embarcadere. La, de jeunes locaux viennent proposer leurs services pour faciliter et accelerer les demarches cote zambien, reputees pour etre multiples (genre aller recuperer 5 papiers dans 5 bureaux differents...), longues et bordeliques! Nous n'avons pas l'habitude de faire confiance pour ce genre de tractations. Pour nous faire une idee, nous interrogeons les chauffeurs des tour-operateurs en attente eux aussi du ferry. Tous semblent cautionner et utiliser les services de ces jeunes zambiens dont c'est le seul gagne-pain. Devant une telle unanimite, nous nous laissons convaincre. Notre ''petit gars'' en chemise a carreaux fera la queue a notre place pour obtenir 4 des 5 papiers officiels a rassembler.

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Ferry sur le Zambese, entre le Botswana et la Zambie ; en attente du visa d'entree... 

Debarques du ferry, nous n'avons plus qu'a prendre la queue du bureau de l'immigration pour obtenir nos visas d'entree. Apres une longue attente au soleil, l'officier en poste nous tamponne les passeports en se tremoussant sur son siege au son de la radio posee sur le bureau. Welcome in Zambia! De son cote, Greg est alle se faire delivrer le permis d'entree de Silverback (tape sur un clavier avec 2 doigts, dans un delai record de 40 bonnes minutes!).  Il ne nous reste plus qu'a retrouver notre ''petit gars'' pour recuperer le recu de la taxe carbonne, le recu de la taxe embarcadere, le contrat d'assurance au tiers et je ne sais quel autre recu absolument indispensable. Mais le ''petit gars'' reste introuvable! Il doit encore faire la queue quelque part... Suzan (la Hollandaise) et moi decidons de faire un a un tous les baraquements de la frontiere pour le retrouver... ce que nous ne tardons pas a faire! Il est assis, tout contrit, dans le poste de police! Mais du mauvais cote du bureau! Il a ete ''choppe'' car il a souscrit pour nous un faux contrat d'assurance, pour une duree de 7 mois (alors que nous ne prevoyons de rester que 2 semaines en Zambie). Il a voulu se faire un peu d'argent sur notre dos, de meche avec un agent d'assurance vereux! Greg reste calme et ne le met pas mis en orbite, preuve que les p'tits n'indiens nous ont fait progresser dans le self control (cf nos articles sur l'Inde...:-) De toute facon, meme sans la police on se serait apercus de la supercherie puisqu'on s'etait renseignes sur les prix aupres des officiers de la douane. Il a eu le bon gout de faire les autres papiers correctement, nous le laissons donc a sa garde a vue bien meritee et allons nous meme souscrire l'assurance d'etat... dans une petite baraque en bois meublee d'une table d'ecole et d'une chaise et dans laquelle l'employe sort un registre, un papier carbone et te certifie qu'il te delivre l'assurance gouvernementale! Aucun moyen de verifier vraiment... On verra au premier controle policier ! :-)
On a bien mis 3 heures a venir a bout de la paperasserie locale, l'entree en Zambie se merite!
Une heure de goudron plus tard, nous sommes a Livingstone. Et deux heures de galere plus tard (impossible de trouver un camping qui a la fois, accepte les tentes de toit, soit potable, ait de la place etc...) nous parquons Silverback dans l'arriere cour d'un hotel backpacker central.Nous y retrouvons un jeune couple d'anglais partis comme nous de Kasane ce matin, mais en transports locaux. Il ont mis deux fois moins de temps que nous pour arriver jusqu'ici. Ah! la voiture donne une grande liberte mais parfois pas mal de soucis! :-) Nous finissons la journee dans un resto italien avec les anglais et les hollandais, attables autour de (vraies!) pizzas. C'est parfois plaisant de ne pas avoir a monter le camp, faire a manger et la vaisselle!

A nous les chutes Victoria! Tres attendues et tellement decevantes! En fin de saison seche, la majorite des murs d'eau sont taris. Seules les 'main falls', les chutes principales, crachent un debit consequent (avec fracas, vapeur d'eau, arcs en ciel et tout ca...). Mais cette partie des chutes est a peine visible du cote zambien.
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Les chutes principales de Vic Falls s'observent de loin, cote zambien

Pour les contempler d'en face, il faut passer au Zimbabwe. Ou acceder, cote zambien, a l'ile privee de Livingstone, au sommet des chutes. Et tout ca se monnaie en dizaines de dollars... En bons francais (mais les hollandais sont bien d'accord! ;-), nous tentons l'escapade sur l'ile Livingstone ''a la sauvette''. Mais au bout de la longue marche longeant la crete tarie des chutes, juste avant d'arriver aux gros bouillons dont nous sentons deja les vapeurs d'eau, paf! Un planton sort de nulle part et nous demande 35 US$. Ce morceau de l'ile, juste au-dessus des chutes principales, est privatise par un hotel qui propose a haut prix le petit dejeuner, le dejeuner, ou le the dans des tentes safaris au dessus de l'eau, par rotations tres 'timees' d'une heure trente pour chacune des prestations. Apres nego (et le sempiternel ''you are french? bonjour, comment ca va coussi coussa, Zinedine Zidane), nous obtenons de payer un peu moins cher, pour la baignade et boissons a volonte!

Nous sommes sur le front des chutes, sans aucune protection, le bouillon d'ecume gronde en bas, c'est assez vertigineux.

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Ca se precise... Sur l'ile Livingstone, on approche beaucoup plus pres ... sans filet!

Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises (frayeurs ;-)! Il est l'heure de la fameuse baignade, dans la 'devil's pool' (la baignoire du diable). Un 'guide' se presente pour nous accompagner. Alors, c'est ou exactement qu'on se baigne hein? Dans ce petit bassin naturel suspendu au sommet des chutes, sur le plat juste avant que l'eau ne se precipite 108 metres plus bas??? Mais il est fou ou quoi???? Si si, c'est possible qu'il nous repond... Bon, poussons un peu plus loin pour voir ca de plus pres... Nous rentrons dans l'eau et suivons attentivement les consignes pour rejoindre la devil's pool : il s'agit d'eviter les grands courants pour ne pas se laisser entrainer par les chutes.

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Heu... on y va ou on n'y va pas?

Nous reprenons pied sur un ilot rocheux, a 5 metres du precipice. Entre nous et le grand saut, il n'y a que ce petit bassin, de 2 metre de large... Le 'guide' plonge et nage jusqu'au bord, ou il est retenu par une petite barriere rocheuse. Derriere lui c'est le vide, la vapeur d'eau et le fracas des chutes... Maman, mais qu'est-ce qu'on fait la??? Effrayant mais exhaltant... ca y est, on y est... Au sommet des chutes Victoria. Incroyable. Accoudes sur la barre rocheuse (sans oser s'y asseoir comme le guide... hehe, courageux mais pas temeraires! :-), nous profitons de cet instant privilegie. Les touristes qui passent du cote zimbabween, en face a une 50 aine de metres, sont en train d'halluciner!

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Devil's pool : baignade au sommet des chutes Victoria....

A la guest-house, nous faisons connaissance de Jeff et Melanie, un couple de francais comme nous en fin de ''grandes vacances''. En discutant un peu nous nous rendons compte que nous aurions pu nous rencontrer bien avant : nous etions au meme moment au meme endroit de la planete (Chili, Nepal etc...) au moins a 5 reprises et avons pris le meme avion de Katmandou a Hong Kong en Juin dernier! Incroyable non? Tout de suite le courant passe. Meme philosophie du voyage, meme interet pour la faune (Jeff est ecologue et a deja 300 coches sur le livre des Oiseaux d'Afrique Australe :-). Nous decidons de faire un bout de route ensemble et les embarquons dans Silverback a destination de Lusaka.

Par mielamundi - Publié dans : Zambie
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Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /Oct /2008 17:04
Merci a tous ceux qui ont pense a moi aujourd'hui... J'ai bien recu tous vos messages, par sms, mail ou meme telepathie :-)
See you soon...

PS : les albums photos Botswana et Zambie (meme si l'article n'est pas publie) sont en ligne!
Par mielamundi - Publié dans : Zambie
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Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /Oct /2008 15:27

Il nous faut maintenant préparer la grande expédition qui va nous permettre de traverser la réserve de Moremi (dans le Delta de l’Okavango) puis le parc national de Chobe. Entre Maun (le point de départ) et Kasane (la ville d’arrivéé), pas de station essence. Et des kilomètres de brousse à assurer, en autonomie complete (eau potable, essence, nourriture). C’est parti ! Nous trouvons les cartes routières (pistières serait un meilleur qualificatif !), faisons le plein de vivres et calons 4 bonbonnes d’essence supplémentaires derrière les sièges. A l’entrée de Moremi, encore une fois, on ne nous fait pas signer le registre d’entrée. Personne ne sait qu’on est là… Ca peut nous permettre d’économiser des droits d’entrée mais c’est limite pour la sécurité… Faire des safaris dans Moremi est très agréable. Les milieux sont variés : savane herbeuse, sous-bois, marécages, nous nous faufilons sur les pistes de poussière à la recherche des animaux. Dans la savane, de nombreuses sentes d’herbe piétinée sont visibles : elles arrivent de tous les côtés, convergent parfois, puis se séparent. Elles marquent les itinéraires fréquentés par la faune. Je trouve incroyable que tous ces animaux, qui évoluent dans un espace immense, empruntent toujours les mêmes sentiers. Je comprends mieux les sentes tracées par mes deux chiens, sur la pelouse de la maison. Eux aussi empruntent toujours le même chemin pour aller aboyer à la grille !

Attentifs aux animaux que nous sommes susceptibles de surprendre, nous roulons au pas. Jusqu’à un énorme banc de sable. Sur lequel Silverback vient se poser ! Le sable est très profond, il fallait passer vite pour avoir une chance de le franchir. Mais voilà ! Il est 13h, pleine chaleur, le chassis est littéralement en suspension sur le banc de sable et les roues tournent dans le vide. Bien sûr, personne à l’horizon. Il ne nous reste plus qu’à pelleter … Il nous faut 2 heures pour libérer le dessous de la voiture d’une bonne tonne de sable. Nous nous relayons à la pelle. Il doit faire 45°C, c’est pas facile. Les ampoules apparaissent vite sur nos petites mains…. Vers 15 heures nous réussissons à faire décoller la voiture. Elle fait 20 mètres et se plante à nouveau dans le sable. Coup de mou dans le moral… Il nous faut à nouveau sortir des kilos et des kilos de sable. On a presque réussi à dégager le châssis quand un tour-opérateur  passe à proximité et nous aperçoit. Belle solidarité, il s’engage sur nos traces, sort la corde de treuillage et nous arrache du banc de sable. Il est 16 heures nous pouvons repartir. Ce chemin là est bien connu des professionnels du tourisme, tous ceux qui l’empruntent s’ensablent. Mais il n’y a bien sûr aucun panneau indicateur du danger, il faut deviner ! Bravo la DWNR (le Département gestionnaire des parcs et réserves) !


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Echoues sur un banc de sable...

Sur le chemin du camp, nous observons un groupe de 4 lycaons (espèce menacée assez difficile à observer). Au camp, tous les Sud Africains sont agglutinés près des sanitaires. Leur village de toile est impressionnant. Les sanitaires se résument à 2 WC et 2 douches limite salubres, dans un bâtiment glauque et minuscule, datant au bas mot des années 60. Mais une bonne douche ca fait quand même du bien ! Les autres emplacements du camp sont vides, alors qu’on pourrait y stationner encore une 20aine de voitures. La DWNR, auprès de laquelle nous avons tenté de réserver nous a pourtant assuré que tout était plein. Une nouvelle preuve de gestion efficace ! :-) Comme dans le Kalahari, il n’y a pas de protection autour du camp. Nos voisins sud-africains, installés ici depuis quelques jours viennent nous prévenir qu’à la nuit tombée, un groupe de hyènes rôde et attaque les campeurs. Il nous faut rester à proximité du feu et ne surtout pas aller à pied aux toilettes! Nous organisons notre camp dans un périmètre restreint autour de la voiture, balayant de temps en temps l’obscurité alentour du faisceau de notre torche. Au moment où nous nous apprêtons à ranger, nous apercevons à quelques mètres une grosse hyène qui s’approche de sa démarche sournoise, l’arrière train plus bas que les épaules. Elle disparaît dans le noir. Nous ne savons pas si elle est à l’affût de l’autre côté de la voiture, ou quelque part ailleurs prête à bondir. Mais nous pouvons la sentir. Une odeur très forte de bête sauvage. Pas facile de passer du statut de prédateur à celui de proie hein ? Nous expédions le rangement illico, en organisant une arrière garde avec une torche. Et nous réfugions tout aussi vite dans la tente. Les hyènes ne savent pas grimper à l’échelle, c’est déjà ca ! Un peu plus loin dans les marécages qui bordent l’emplacement, les hippos soufflent et grognent. Bienvenue au Botswana !

Le Botswana a pourtant la réputation de développer un tourisme de luxe de très haut niveau : lodges de luxe, safaris en avion etc… Mais pour les indépendants, le Botswana est beaucoup plus sauvage et roots que la Namibie par exemple. Heureusement qu’on n’a pas amené Annick et Alain ici !

Nos journées safari s’organisent sur le rythme de la faune : lever à 5 heures, safari jusque vers 11h30. Petit déjeuner devant un groupe d’éléphants, ou d’hippos.  Pause pendant les heures les plus chaudes, et retour sur les pistes à partir de 16 heures jusqu’au coucher du soleil. C’est fatigant mais on adore. On voit des choses exceptionnelles.


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Quand on vous dit qu'on prend notre pied!!!


Les paysages nous enchantent autant que les animaux. Certains coins dégagent même une ambiance presque magique. Nous avons dégonflé nos pneus (1.2 devant et 1.5 à l’arrière) et nous passons maintenant sans problème dans le sable profond (on apprend, on apprend !). Lors de notre dernière matinée dans la réserve, nous tombons sur un groupe de lions (1 gros mâle, 2 lionnes et 2 lionceaux) allongés à l’ombre près de la carcasse du buffle qu’ils ont chassé pendant la nuit. Beau tableau de douceur et de férocité.

Nous ne sommes qu’à mi-chemin, il nous reste bien des km à parcourir avant de regagner la civilisation. A tout hasard, nous demandons de l’essence dans le petit village de l’autre côté de la porte de la réserve. Le « dealer général » a bien compris ce qu’il pouvait tirer du tourisme. Quand il va faire le plein de marchandises à Maun, il ramène quelques jerricans d’essence qu’il revend aux touristes en rade. Nous profitons de l’occasion et abreuvons Silverback de 40 litres supplémentaires. Nous prenons la direction du parc de Chobe. La transition (administrative plus que physique) entre les deux parcs est magnifique. La piste suit les méandres d’une rivière et nous livre de nombreux éléphants, des hippopotames immergés et des girafes assoifées.  30 kilomètres après l’entrée du parc Chobe, notre oreille maintenant aguerrie perçoit un bruit suspect sous le capot. Nous nous arrêtons pour essayer d’en identifier l’origine. Mauvaise idée… Quand nous essayons à nouveau de démarrer, plus de jus. Rien ne se passe. Le boîtier électronique de contrôle clignote, le système de fermeture centralisée des portes ''broute'', les plafonniers  donnent un faible signe de vie avant de s’éteindre. Les commandes ne répondent plus. J’ai une pensée pour le roman Ravage de Barjavel. Et si le monde était secoué par une tempête électro-magnétique qui mette tout en déroute ? Après tout, nous sommes dans la brousse depuis pas mal de temps sans nouvelles de la planète… Il est 15 heures. Personne ne passe. Nous poussons la voiture tant bien que mal sur le côté de la piste et attendons. La nuit tombe, il va falloir se résoudre à dormir dans le bush. Nous grignotons un saucisson pour fêter nos 1 an de voyage. Après tout il y a un an, nous étions en galère aussi, sans nos sacs à l’aéroport de Quito. Fallait bien une nouvelle galère pour fêter ca !  Par les fenêtres ouvertes, nous entendons bruisser les grandes herbes. Un animal rôde. Peut être un phacochère ou une hyène. Nous nous réfugions encore une fois dans la tente de toit, en faisant beaucoup de bruit et en éclairant les alentours pour effrayer d’éventuels assayants, en veine de chair fraîche. Le réveil sonne aux aurores pour prendre le guet. A 9 heures, la première voiture arrive. Ca fait 18 heures que nous sommes scotchés là sans avoir vu personne. Le groupe de 4 américains, conduits par un guide et un chauffeur débrouillards, se fait fort de nous venir en aide. Les pinces crocos sont arrimées aux batteries de part et d’autre et Silverback redémarrée. Mais le bruit qui nous a fait arrêter hier est toujours là. La pompe à eau a perdu un boulon et vibre. Il nous faut faire demi-tour et regagner Maun pour réparer, avant de poursuivre sur Chobe. Espérons que ca tienne jusque là ! Au coup d’accélérateur de démarrage, paf ! Tous les voyants s’allument, le moteur est en surchauffe. Diagnostic capot ouvert : le jeu de la pompe à eau a libéré la courroie de distribution …. Nous sommes à nouveau dans l’incapacité de rouler. La voiture des américains, ne nous voyant plus dans son rétroviseur, fait demi-tour et nous rejoint. Le guide et le chauffeur remettent les mains dans le camboui pour essayer de replacer la courroie. Mais c’est trop difficile. Nous tentons alors le plan B : la paire de collants de Christophe ! Mais elle n’est pas assez tendue (ou peut être pas placée correctement :-) et n’entraîne pas les poulies. Il faut se rendre à l’évidence, nos compétences mécaniques conjuguées  n’arriveront pas à bout du problème. Nous prenons toutes nos affaires de valeur, laissons un mot sur le pare-brise et embarquons avec les américains pour regagner l’entrée du parc. Le ranger de service refuse de téléphoner pour demander une voiture de dépannage à Maun (le téléphone appartient au gouvernement et le gouvernement ne veut pas !). Nous n’avons que deux solutions :

- trouver un mécano pour réparer sur place (rien que ça ! on est en pleine brousse à 200 bornes de la première ville !)

- attendre qu’une voiture passe et veuille bien nous amener directement à Maun (alors qu’il passe ici 6 voitures par jour et qu’elles vont toutes à Moremi) pour y trouver un garage et organiser le dépannage. On en a pour au moins 3 jours….Et notre tente, nos duvets, notre bouffe sont dans la voiture à 30 km de là….

Petit moment de découragement…

Mais la malchance est toujours accompagnée des plus beaux coups du sort… Deux voitures arrivent. L’une est un Land Rover Discovery, comme Silverback (ce qui est déjà très peu courant). Peut-être le conducteur connaît-il un peu ce type de voiture? A tout hasard nous demandons.. Et croyez le si vous le voulez mais non seulement le conducteur connaît les Discovery  mais en plus il est mécano !!!

Nos sauveurs sont sud-africains. Un jeune couple accompagnés de leurs 4 parents. On nous fait de la place dans une des voitures pour nous ramener à Silverback. Eric le mécano plonge sous le capot. La tâche est ardue, en plein soleil. Le casse-tête logique du positionnement de la courroie sur les poulies occupe les hommes pendant 2 bonnes heures. Enfin, la courroie est en place ! Un coup de pinces crocodiles (la batterie est toujours à plat) et nous sommes capables de repartir. Une nouvelle illustration de l’effet papillon… Vibrations -> boulon dévissé -> jeu de la pompe -> jeu de la courroie -> alternateur ne recharge plus correctement la batterie -> batterie à plat. Toutes ces m… là à cause d’un satané petit boulon ! Ca me rappelle les crises de nerf du John quand on passait sur de la tole ondulee, avec l'IVECO. Enfin je le comprends!

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1 an de voyage : une soiree anniversaire en rade, en plein bush.... 

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1er sauvetage par les americains...et 2eme sauvetage, presque definitif, par les sud-africains!

Dans notre voiture réparée,sur le chemin du camp de Savuti, c’est l’euphorie… On se voyait dans une galère noire et nous voilà capables de continuer comme prévu ! Nous remercions chaleureusement notre mécano et prenons conscience de l’importance de la solidarité entre touristes dans le bush. La journée s’achève avec l’observation d’une famille de lions près du trou d’eau de Savuti, et un beau BBQ avec notre famille sud-africaine. Le lendemain matin, nous partons faire un drive d’observation des lions avec Dawn et Mickael, le jeune couple. Il est trop tôt pour les parents. Nous sortons du camp alors qu’il fait encore nuit. Et trouvons les deux mâles alanguis. A 3 mètres de la voiture, rien que pour nous. Moments magiques.

De retour au camp vers 7h30, l’humeur déchante. Impossible de démarrer. La batterie ne s’est pas rechargée, malgré les 3 heures de conduite de la veille. Eric vole à nouveau à notre secours. Il nous fait démarrer aux pinces croco et nous laissons le moteur tourner. 30 minutes. 45 minutes. 1 heure. Toujours pas signe de rechargement. C’est la mouise. Ca veut dire qu’on peut partir pour essayer de rejoindre Kasane (un peu moins de 200 km de piste de là) mais que si pour une raison ou une autre le moteur s’arrête, on reste scotchés. Moral en berne. Nous découvrons pour couronner le tout que le pneu arrière gauche est crevé. Rafales de vent, le sable nous cingle, les conditions ne sont pas faciles. Galère de chez galère. Epreuve pour les nerfs. Encore une fois, Eric propose son aide. Il nous reste un espoir, mettre la batterie du frigo sur le moteur. Elle est également à plat mais peut-être arriverons-nous à la recharger. Le moteur tourne, et la jauge d’essence baisse… Les problèmes semblent toujours en cacher d’autres hein ? Impossible de changer la roue, le sable est trop meuble pour positionner le cric. Nous regonflons le pneu au compresseur pour déplacer la voiture sur un sol plus dur. Nous devons mettre le pneu de secours sans arrêter le moteur. Une fois ce problème réglé, il nous faut prendre la piste pour rallier Kasane le plus vite possible et remplacer la batterie, en croisant les doigts pour ne pas caler en route. Mais avant de nous lancer, nous décidons de tester la batterie. Car ici, les rangers peuvent nous pousser pour nous permettre de redémarrer. Greg éteint le moteur. Tension palpable. Il tourne à nouveau la clé… Miracle ! Silverback redémarre toute seule. Ca veut dire que la batterie du frigo n’est pas complètement morte, et que l’alternateur la recharge. Nous sommes sauvés. Et dispensés de courir à Kasane tout de suite. Nous pouvons continuer comme prévu. Quelle aventure !

Nous profitons donc pleinement de nos trois derniers jours de safari dans le parc. Le plein d’animaux (dont un magnifique léopard allongé sous un fourré) et de belles sensations.

A Kasane, Greg achète une nouvelle batterie et refait les branchements comme un chef (Christophe, si tu veux l'embaucher, il n'a pas de boulot en rentrant...). Nous offrons à Silverback un nettoyage de printemps pour la débarrasser de sa poussière et des mauvais souvenirs. Une croisière en bateau sur la rivière Chobe nous permet d’aborder la vie sauvage sous un angle différent (surtout les hippos), bien agréable. Les jeunes australiens qui partagent notre bateau sont assis dos au paysage et bière en main, on n’est manifestement pas là pour les mêmes raisons !

Nous faisons la connaissance d’un couple de jeunes hollandais, qui voyagent dans le coin sac au dos. Sensibilisés à la solidarité entre touristes :-) nous les emmenons en safari et leur proposons de les conduire jusqu’aux chutes Victoria, en Zambie.

Par mielamundi - Publié dans : Botswana
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