Partager l'article ! Le retour et ses premières réflexions...: Et voilà ! Nous sommes rentrés depuis plus de 3 semaines déjà. La grande aventure Mielamundi ...
Et voilà ! Nous sommes rentrés depuis plus de 3 semaines déjà. La grande aventure Mielamundi referme son livre de route… pour cette fois ci ! Finis le soleil, les découvertes exotiques, la grande liberté… Chacun dans nos familles en attendant la fin de l’année, nous redécouvrons la « vie au pays », un sas d’adaptation nécessaire avant la reprise du boulot. Le contraste n’est pour le moment pas si difficile, compensé qu’il est par la joie et la trépidation de la vie familiale (surtout pendant les fêtes de Noël). Le plus dur, c’est de ne plus vivre dehors, de ne plus rêver à ce que nous allons découvrir demain, ne plus porter de tongs, et de contempler, estomaqués, la frénésie de consommation et la débauche d’articles qui nous entourent après 14 mois de « parcimonie ». Rien d’insurmontable… pour le moment !
Il nous reste peu de temps maintenant avant de retrouver le blues du dimanche soir, le stress et les responsabilités du boulot… et leur contrepartie en espèces sonnantes et trébuchantes ! (on va pouvoir arrêter de faire les « Tanguy » chez papa maman :-)
3 semaines de recul nous autorisent à dresser un premier bilan de notre année… Avons-nous changé en 14 mois de voyage ? Nous ne sommes pas transformés, non. Nous avons surtout un œil neuf sur ce qui nous entoure, de nouvelles résolutions et pas mal de projets en tête !
Un œil neuf sur notre pays, la France, qui quoiqu’on en dise reste de loin le pays le plus confortable à vivre de tous ceux que nous avons traversés !
Un œil neuf sur nos concitoyens français, qui usent bien plus de temps et d’énergie à se plaindre et à se mettre des bâtons dans les roues les uns les autres qu’à faire avancer le(s) schmilblicks(s). Ca doit être le privilège des pays riches et développés…
Un œil neuf sur la télé… Ses journaux télévisés anxiogènes qui après les morts sous les bombes de Gazah, les bébés oubliés dans les voitures, la crise, et les attaques de pitbull clôturent allègrement leur demi-heure de bonnes nouvelles avec un reportage sur les … chauves-souris enragées ! … Et ses téléfilms qui ne semblent pas pouvoir exister sans qu’il y ait un cadavre, une enquête, des flics qui font des analyses dans une chambre froide et des courses poursuites… Si vous avez besoin d’une télé, on vous lègue la nôtre en 2009 !
Un œil neuf sur la nature, qu’on a observé sous toutes ses coutures … et qu’il nous parait encore plus urgent qu’avant de préserver et de protéger.
Un œil neuf sur la direction qu’on veut donner à notre vie et à nos envies.
Voyager, c’est aussi tellement d’autres choses :
- C’est apprécier le plaisir d’une bonne douche chaude après 4 jours de treks,
- C’est réaliser qu’on vit très bien 24h/24 tous les deux alors qu’on se voit si peu dans notre vie parisienne,
- C’est réapprendre humilité et patience, surtout dans l’observation de la nature et de ses animaux, grands ou petits,
- C’est cette magie qui fait qu’on passe une excellente soirée de réveillon de Noël autour d’un plat de lasagnes au maïs avec des backpackers qu’on ne connaissait pas 2 heures auparavant (pour les lasagnes au maïs, les coupables sont des suisses allemands :-),
- C’est ne pas trouver le temps long pendant 22h de bus alors qu’on s’ennuie au bout de 2h30 de TGV,
- C’est abandonner un peu de son confort matériel, vivre plus simplement et arrêter de surconsommer … et surtout se rendre compte qu’on n’est pas plus malheureux comme ca ! Ce que les gens qui n’ont rien appellent « être, au lieu d’avoir »…
- C’est mettre de l’espace entre ses pensées, reprendre le goût de rêvasser pendant des heures en regardant défiler les paysages,
- C’est apprendre à observer des cultures différentes pour au final mieux comprendre la nôtre. C’est un peu comme construire notre portrait en négatif, par rapport à tous les gens qu’on rencontre,
- C’est voir comme tous ces gens sont gais, alors qu’ils n’ont rien,
- C’est prendre du recul par rapport aux exigences de performance qui étaient jusque là notre quotidien. Après tout, si on ne fait pas toujours le Meilleur et Parfaitement, la terre ne s’arrête pas de tourner, non ?
- C’est rencontrer des gens qui ont fait d’autres choix de vie.
Parce qu’un an de voyage, c’est aussi et surtout un enrichissement personnel colossal et des rencontres d’une intensité peu commune (je sais, les élèves de la StarAc’ disent la même chose dans le confessionnal, mais c’est vrai ! :-).
Qu’elles soient de 5 minutes, une heure, une semaine ou plus d’un mois, certaines rencontres nous ont enchantés, intrigués, amusés ou profondément marqués. Le voyageur arrive toujours nu, avec sa seule humeur du moment, sans tous les attributs de son milieu socioculturel habituel. Ces 15 mois ont donc été l’occasion de croiser la route de personnes que nous n’aurions pas côtoyées dans notre vie bien « formatée » d’avant : un astronome qui modélise la naissance et la disparition des galaxies, un alpiniste qui n’a pas peur d’aller se mesurer aux sommets de « plus de 8000 » de l’Himalaya, un prof de percussions brésiliennes passionné, une journaliste de ciné qui s’est évanouie dans les bras de Léonardo Di Caprio à la Chapelle Sixtine, un ornithologue-naturaliste spécialiste du chant des chauve-souris, des Chiliens exilés sous la dictature de Pinochet, un éleveur d’ormeaux irlandais complètement déjanté, un photographe qui a fait la couverture du Times (oui môssieur !), le rédacteur en chef de 4x4 Magazine Afrique du Sud, ou encore un spécialiste de l’histoire religieuse du Québec.
Une preuve de plus (s’il en faut !) que nous vivons dans des microcosmes bien homogènes et bien hermétiques ! Le fameux « MOULE » (hein Oliv ?)
S’en éloigner permet d’en avoir une meilleure vision, plus lucide, plus critique. Mais maintenant qu’on est revenus, la question est : « combien de temps va-t-il falloir pour que notre vigilance s’endorme à nouveau, et que nous nous fassions complètement réabsorber » ? Peut être nos amis voyageurs rentrés depuis quelques mois ont-ils déjà la réponse…. (Steph ? Oliv ?)
On verra bien ! A l’heure du bilan, une chose est sûre, c’est qu’on a fait exactement le voyage qu’on avait imaginé (heu… on a quand même crevé plus souvent que dans nos rêves initiaux d’Afrique ! J
Nous avions rêvé de partir à la rencontre de la nature et des hommes, 14 mois plus tard et toutes ces rencontres et paysages en tête, le pari est réussi !
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