Le Carnet de Root du Tour du Monde de Marie et Greg. 1 an de voyage de l'Amérique du Sud à l'Afrique Australe en passant par l'Asie, à la rencontre de la nature et des hommes...
13 Novembre 2007
Nous avons mis vendredi le cap sur Putre, à une centaine de km d'Arica, au pied du parc national Lauca. Encore un départ à l'aube, pas facile la vie de vacanciers! :-) du coup, on serait bien incapables de vous raconter le trajet... On s'est réveillés à 10h, à 3500m au dessus du niveau de la mer... Après avoir organisé notre excursion du lendemain dans le parc, nous avons décidé de partir à pied jusqu'aux termes de Jurasi, à 14km de là. Le soleil tape, la balade est jolie, fatiguante (on monte à 4100m) et... longue! Au bout de 2h30 de marche, la pancarte "Thermes" se dessine enfin là-bas, tout au fond, devant nous. A nous la détente! Et elle commence par... un bain de boue. Assis dans une piscine naturelle d'eau chaude ferrugineuse, nous nous barbouillons d'argile rouge (parait que c'est bon pour la peau, mais pas pour mon maillot de bain blanc! :-)
Aux thermes de Jurasi
Après la boue, détente dans une grande piscine d'eau tiède. Le ciel est azur, la végétation blonde se détache sur la terre rouge et ocre, et pour enchanter un peu plus le tableau, un groupe de guanacos (un cousin du lama...) sauvages s'approche, vient boire, et jouer devant nous. Elle est pas belle la vie? Deux petites piscines très chaudes plus tard, nous sommes cuits, et détrempés! Mais détendus et enchantés. Il nous faut rentrer à Putre avant la nuit. Coup de bol, nous croisons une camionnette qui accepte de nous prendre à l'arrière. On a pensé à tourner la vidéo "pick up II, le retour", mais on a préféré vous épargner :-) Le dîner, andin, nous a fourni une bonne alternative au poulet-riz : soupe de quinoa et steack d'alpaca (encore un cousin du lama...)
Grimpés dans un 4*4 dès 8h le lendemain en compagnie de 2 jeunes allemands, c'est parti pour une journée sur l'Altiplano (on appelle Altiplano, ce plateau perché entre 2 chaînes de montagnes à de très hautes altitudes, et qui s'étend tout le long de la Cordillière des Andes). On y a déjà goûté au Pérou et en Bolivie lors de voyages précédents, et c'est de loin un de nos paysages préférés dans le monde. Difficile de rendre par écrit la beauté de ce paysage minéral, immense et baigné d'une luminosité si particulière...
Comme si le créateur du monde, à 23h55 le 7ème jour :-), s'était écrié "arghh!, j'ai oublié le Chili et la Bolivie!". Dans l'empressement il y aurait jeté les restes de sa palette de couleurs... on retrouve aujourd'hui les tons mêlés des bruns, des ocres, des blonds, des verts, et les quelques touches de couleurs franches, comme le vert phosphorescent de la llareta, le bleu roi du bec d'un canard ou le rouge-orangé des fleurs de cactus... et aurait planté ses pinceaux dans le sol, les muant en touffes d'herbe blonde.
Paysage d'altiplano, vue sur le volcan Parinacota
C'est magnifique, immense, surprenant. Et si on devait vous faire partager quelques unes de ces surprises, ce serait :
- les llaretas, ces boursouflures de corail andin vert pomme qui ne poussent qu'au dessus de 4000 m
La llareta
- le "civisme" des vigognes (encore un camelidé, plus fin et plus racé que le lama, dont la laine fine et douce était exclusivement réservée au tissage des habits de l'Inca), qui vivent par groupe d'une 20aine d'individus et ... font toutes leurs besoins au même endroit! (on se demandait qui s'amusait à ramasser toutes ces crottes pour en faire de gros tas!!:-)
La vicuña (vigogne)
- la végétation (llareta, touffes d'herbe blonde...) qui se déplace et progresse dans la direction de la plus grande source d'eau de la région, le lac Titicaca
- les viscachas, hybrides entre le lapin, l'écureuil et ... le kangourou : ce sont des marsupiaux à sang froid, qui ressemblent à un lapin avec une grande queue d'écureuil,
La viscacha
- les canards Cornuda, machistes, qui cantonnent les femelles au milieu du lac, se postent au niveau des berges et font "payer en nature" quand les femelles veulent regagner la berge,
- ou encore le synchrétisme étrange entre le catholicisme apporté par les espagnols et les croyances encore vivaces de la cosmologie andine, dans les petits villages que nous croisons.
Bref, on en prend plein les yeux!
En fin d'après-midi, de retour à Putre, nous enchaînons sur le trajet retour vers Arica. Cette fois-ci, quoique fatigués de notre journée, nous profitons du paysage. Les montagnes laissent place à un relief complètement aride et désolé. Seuls quelques cactus candélabres poussent dans ce désert minéral.
Sur la route entre Putre et Arica
Puis viennent d'immenses dunes pétrifiées, de 300 à 400m de haut, surplombant une vallée indecemment verte et fertile, nourrie par les eaux d'un río en provenance de la cordillière. Surprenant.
Quand enfin nous rejoignons Arica, il fait nuit et il ne nous reste qu'une grosse heure avant notre départ en bus de nuit pour San Pedro d'Atacama. Le temps d'un "1/4 de poulet -frites" quoi!
La nuit n'est pas reposante. On nous arrête 2 fois, à minuit et à 4h du mat, pour des contròles de douane anti-drogue.
Une première version de l'album Chili est en ligne!