Le Carnet de Root du Tour du Monde de Marie et Greg. 1 an de voyage de l'Amérique du Sud à l'Afrique Australe en passant par l'Asie, à la rencontre de la nature et des hommes...
Nous avons quitté San Pedro vendredi, en bus de jour cette fois ! (une fois n'est pas coutume! :-) Et nous ne l'avons pas regretté, car le paysage en valait la peine... Après avoir dépassé le volcan Licancabur, nous avons pu apercevoir la Laguna Verde (un des clous du tour dans l'altiplano bolivien du Sud Lipéz, qu'on avait adoré il y a 3 ans), puis avons traversé d'immenses paysages de Puna, végétation typique de l'altiplano avec ses hordes de vigognes, ses salars, ses cônes volcaniques, pour franchir le col de Jama, et la frontière Argentine. La route redescend alors la Cordillière pour s'enfoncer dans des canyons (le début de la quebrada de Humahuaca) multicolores, érodés et hérissés de cactus, avant d'atteindre Purmamarca, Jujuy puis la vallée de Salta, notre première étape Argentine.
Sur la route, en arrivant sur Purmamarca
L'Argentine... Ici on chuinte les "y" et les "ll" : par exemple, llama se prononce "chama"... Ici, aux alentours de 13h et de 21h, il y a des odeurs de barbecue partout. Après le régime sec "poulet-riz-frites", nous sommes trop heureux de nous attabler dans les asaderos pour attaquer les pièces de boeuf juteuses et imposantes d'un bon coup de fourchette! Franchement, la viande argentine est à la hauteur du "meat"... On a encore du mal à percevoir toutes les nuances du vocabulaire boucher du coin (bife de lomo, lomo de chorizo, costilleros etc...) mais pas de quoi paniquer... tout ce qui arrive est bigrement appétissant, et Greg en profite pour benchmarker les vins du coin. Ici les hommes chiquent des feuilles de coca, qu'ils calent contre leur gencive jusqu'à ce que leur joue soit gonflée, comme celle d'un hamster. Ici tout est moderne : les magasins, les gens, leurs tenues et la Peugeot 206 rencontre un franc succès!
La cathédrale de Salta
Après avoir découvert le quartier colonial de la petite ville, bordé par de nombreuses terrasses de café invitant au sirotage sous la chaleur accablante, nous nous sommes éloignés du centre pour aller voir une feria de gauchos. Dans un large corral, les gauchos montent de petits chevaux racés pour les faire concourrir. Leur particularité réside dans leur allure : au trot, ils avancent l'antérieur et le postérieur du même côté en même temps (ils sont parait-il les seuls chevaux à adopter ce pas sans dressage, mais je laisse les experts juges de cette information!), ce qui donne un trot confortable, sans soubresauts. Le spectacle est sympathique. Tous les argentins -hommes et femmes- sont vêtus à la mode gaucho : pantalon en coton clair (beige ou blanc) glissé dans des bottes de cuir plissées en accordéon, un chemisier assorti au pantalon, une large ceinture de cuir, un foulard en pointe noué autour du cou et la tête protégée d'un large chapeau assez plat. Ils ont fière allure sur leurs chevaux. Ici on monte à cheval presque avant de savoir marcher.
A la feria de gauchos
Nous sommes ensuite partis sillonner les environs de Salta pendant 2 jours, embarqués dans notre petite Gol (c'est comme ca qu'on appelle les Golfs ici! :-). Nous avons fait une boucle Salta-Cachi-Cafayate-Salta de 520 km, essentiellement de pistes, dans des paysages hallucinants. Des quebradas (canyons) beiges ou rouges magnifiquement érodés par l'eau et le vent, ponctuées de vallées fertiles arrosées par les arroyos (canaux d'irrigation pré-incas), des étendues hérissées de cardones, ces cactus candélabres de 3 à 6 mètres de haut dont on retrouve le bois dans le toit des églises ou les portes des maisons locales, des villages en adobe perdus dans la poussière.
La Quebrada de las Conchas a Cafayate
Et des vols de perroquets kakis. Par vingtaines. A Cafayate (prononcer "Cafachate" :- ) commencent les vignes, sur fond de reliefs rouges et érodés. Il fait tellement chaud ici, qu'on a du mal à comprendre comment ces oasis de fraîcheur aux verts éclatants peuvent subsiter... (merci les civilisations pré-incas! :-)
Entrée d'une bodega et ses rangs de vigne
Nous avons rejoint Salta à temps pour sauter dans un bus. Vous l'avez compris, avec les distances qu'il y a à parcourir ici, on en mange et on n'a pas fini d'en manger du bus! Nous sommes donc arrivés ce matin après 15h de route à Mendoza (encore un peu plus au Sud - rien a voir avec le monsieur espagnol qui sauva Esteban des eaux du detroit de Magellan en 1622...) . Ici c'est le pays des bodegas, les propriétés viticoles. Le Champenois et la presque-Bordelaise que nous sommes ne pouvions pas faire l'impasse sur une étape dans la capitale argentine du vin...
Enfin, pour vous aider à localiser tous les endroits que nous traversons, nous inaugurons une nouvelle rubrique "Cartes et plans".