Le Carnet de Root du Tour du Monde de Marie et Greg. 1 an de voyage de l'Amérique du Sud à l'Afrique Australe en passant par l'Asie, à la rencontre de la nature et des hommes...
11 Novembre 2008
Bien reposes, nous abandonnons le lac Malawi , pour y retourner cote Mozambique. Mais avant de continuer plus avant sur les routes, il nous faut coute que coute reparer cette roue degonflee. Pas de ville avant des km. Nous nous arretons dans un village, chez un petit gars assis devant un mur de vieux pneus. Il n’est pas equipe dernier cri (une mechante trousse a outils cassee, un marteau, un couteau, un peu d’huile et des chiffons sales) mais dit pouvoir faire quelque chose… Il faut demonter le pneu (c'est-à-dire separer le caoutchouc de la gente). Le pauvre s’y attele avec un marteau et une tige en fer en guise de demonte pneu. Il sue, s’y donne a fond mais c’est pas facile… Puis il faut poser une rustine a l’interieur de la bande roulante et enfin remonter le pneu, et le regonfler. Ce qui est loin d’etre evident quand on n’a … qu’une pompe a main ! Bilan : 2h30 mais du bon travail ! Nous pouvons continuer vers la frontiere. Plutot facile. Nous sommes seuls au poste, ca ecourte les demarches. Nous remettons en pratique nos bases de portugais, presque un an apres notre apprentissage bresilien.
Les berges du lac (ici appele Niassa) cote Mozambique sont beaucoup plus sauvages. Nous arrivons a Lichinga en fin de soiree. C’est la ville la plus importante de ce bout du monde : la province de Niassa, au nord ouest du Mozambique. Tellement reculee et sauvage qu’elle n’a recu la premiere visite presidentielle de son histoire qu’en … 2006 ! Autant vous dire que Lichinga ne fait pas rever… Les distributeurs de banque sont a sec, il n’y a pas internet et… pas de camping. Nous echouons a la nuit dans un camping desaffecte un peu glauque. Pas d’eau, pas d’electricite. Un petit gars nous apporte de l’eau chaude dans un bidon pour une douche sommaire dans l’obscurite derriere Silverback. Il est plutot bizarre, insiste beaucoup pour que « nous dormions sur nos deux oreilles » bref… un peu louche. Nous mangeons rapidement et montons nous coucher dans la tente… pour ne dormir que sur une oreille ! Ya beaucoup trop d’allees et venues dans ce coin paume pour que ce soit tout a fait « catholique »… Au milieu de la nuit, nous prenons le parti de descendre finir la nuit enfermes dans Silverback…
Le lendemain matin, nous partons tot pour affronter la mauvaise piste qui remonte le lac (rive est) jusqu'à Cobue, juste avant la Tanzanie. Les paysages sont magnifiques et la route rude. Il faut franchir d’epineux passages rocheux, negocier la trajectoire dans du gravier profond, descendre, remonter, traverser de nombreux ponts de rondins instables. Les pneus en prennent plein la tete et l’arriere de la voiture tape sur le sol bien trop souvent a notre gout, faisant voltiger lourdement tout le chargement a l’interieur. Au bout de 5h30 de bataille, nous atteignons enfin Cobue. Qui n’est qu’un petit village de huttes assemblees le long d’une plage, sur le lac. Nous devons nous rendre sur l’ile de Licoma, a quelques encablures a voile de la. Mais Greg a autre chose en tete ! Il a reserve une nuit dans un eco lodge de luxe, pour mon anniversaire (je me disait bien que les muffins pouvaient cacher quelque chose de plus gros ! J Le Miss Nkwitchi, le bateau a moteur du lodge, nous attend sur l’eau. Nous garons SB sous la surveillance du bar de la plage, attrapons nos sacs, quelques provisions (il est 15h et nous n’avons pas encore pris le temps de manger) et sautons a bord. Le lodge est a 1h de navigation, accessible uniquement par la mer. Les deux employes qui nous accompagnent n’ont manifestement pas l’habitude de recevoir des clients qui s’inquietent du prix du transfert, se baladent avec des sacs a dos et des fringues un peu fatiguees, et pic-niquent sur leur bateau d’un bout de fromage et de cracottes ! Les backpackers font du tourisme de luxe :-)
Pas mal le Nkwichi Lodge non? Une pensee pour Brigitte et Philippe... :-)
Nous debarquons sur une longue plage de sable blanc et d’eaux turquoises. On nous conduit a notre bungalow : roc, bois, chaume, toilettes et sdb exterieures. La classe…. Y a plus qu’a profiter !
Snorkelling dans les eaux calmes du matin (le lac est un aquarium d’eau douce), balade dans les hauteurs, farniente., canoe, apero sur la plage au coin d’un grand feu, petit dejeuner dresse face a la mer, le temps passe vite et plutot agreablement…. Ah il est bien bon de se laisser dorloter, de ne pas avoir a faire ni la cuisine ni la vaisselle, et pas meme la lessive ! Et pour achever de nous donner bonne conscience, le lodge est un modele de tourisme durable, parfaitement integre a la fois dans son environnement et dans la communaute locale.
Mais le paradis est de courte duree (en faite de duree proportionnelle a l’etat de nos finances J. Le Miss Nkwitchi nous redepose sur la plage de Cobue, a 18h le lendemain. Nous retrouvons SB… a plat ! Nous installons le camp pour la nuit.
Le bateau de pecheurs qui doit nous emmener jusqu'à Licoma part a 6h le lendemain. L’ile appartient au Malawi, malgre sa situation du cote mozambicain du lac. Il nous faut donc refaire les formalites. Mais sans la voiture, c’est plus facile… Un tampon de sortie dans la cabane qui sert de poste d’immigration et c’est parti ! Femmes colorees, fagots de bois, poules, nous ne sommes pas les seuls a nous rendre a Licoma. 3 rameurs s’escriment pour trainer plus de 20 personnes. Il nous faut pres de 2 heures pour traverser et debarquer sur l’ile. Il est 8h du matin et le soleil est deja insoutenable. Les sacs au dos, il nous faut parcourir a pied les 2km qui nous separent du village principal pour aller au poste d’immigration et valider notre entree au Malawi. Nous sommes en nage, a la limite de la surchauffe. La seule auberge du coin est de l’autre cote de l’ile, a 2.5 km. Plus la force d’y aller a pied…Renseignements pris, sur les 2 ou 3 voitures de l’ile, 2 font du taxi au noir : l’ambulance et la voiture de l’Unicef ! Pour cette fois ce sera l’ambulance, et a travers des sentiers tellement defonces qu’ils doivent finir d’achever les blesses quand il y en a !
Vues et scenes de vie sur Licoma Island, et notre petit bout de plage
Nous voila enfin sur la petite plage, isolee et sauvage du Mango Drift. Un bar ombrage, des bougainvilliers en fleurs, 4 ou 5 bungalows de bambou et les eaux turquoises du lac. L’ile est tellement isolee qu’ici la population a conserve un mode de vie traditionnel, et n’est pas encore pervertie par le tourisme. Pas de vol, pas de harcelement et une vraie curiosite amicale. Pendant nos balades sur l’ile et dans le village, l’accueil est souriant, chaleureux. Nous passons deux bonnes heures a jouer, dessiner et chanter avec les eleves de l’ecole, et de bons moments a jouer au bawo (un peu comme le jeu d’ echecs de l’Afrique) avec les plus grands. Nous saluons les gens dans leur dialecte local, ce qui nous vaut comme toujours un franc succes.
Jeux de mains, jeux de strategie...
3 jours passent et nous reprenons une barque de pecheurs pour recuperer SB et parcourir les 5h30 de mauvaise piste retour jusqu'à Lichinga. Peu desireux de retenter l’experience dans notre « faux » camping, nous tentons une autre option : negocier de camper sur le parking d’un des deux hotels de la ville. Option pas tres sexy puisqu’on finit toujours un peu pres des poubelles dans ces cas la, mais nous n’avons pas d’autre choix. Au moins pouvons nous demander a avoir un seau d’eau pour la douche ! Une assiette de pates derriere SB et au lit !